Orientation : j’ai peur de me tromper

Mon premier mot : Bravo ! En étant conscient de ta peur et en lui laissant une place pour s’exprimer tu fais déjà une énorme étape en recueillant un précieux apprentissage. Car grâce à cette prise de conscience, un choix s’ouvre alors à toi. 

Tu peux choisir de rester avec cette peur, laisser le mode « pilote automatique » te guider et attendre….Attendre que l’on choisisse pour toi ? Attendre que tu n’aies plus le choix ? Attendre que la solution miracle te tombe dessus? Ici je ne suis pas sûre qu’attendre soit la meilleure des solutions. 

Tu as aussi le choix de ne pas te laisser engloutir par la peur, et reprendre la main sur la tour de contrôle.

1. A quoi cela me sert-il d’avoir peur?

La peur est une émotion comme les autres. Chaque émotion, désagréable comme agréable, provoque une action spécifique nécessaire pour s’adapter à la situation qui provoque l’émotion. On dit qu’elles ont un rôle d’activateur psychophysiologique.

Sous l’action de la peur, ton corps produit des hormones de stress qui vont soit mobiliser ton corps pour répondre à une menace potentielle (fight or flight) soit te figer pour éviter le danger. Ce mécanisme te permet de survivre dans un environnement menaçant. Par exemple: si tu traverses la route au moment ou une voiture passe, la peur te fait immédiatement reculer. Or ce même mécanisme s’enclenche aussi lorsque tu as peur dans un environnement non-menaçant.

Et il est important aussi  de comprendre que ta peur dure tant que tu essaies de la limiter, de l’oublier ou de t’en débarrasser. Alors au lieu de lutter, d’essayer de faire comme si tout allait bien en l’ignorant pourquoi pas  observer ta peur avec curiosité ?

2. De quelle peur parlons-nous?

C’est une question clef à te poser : de quelle peur ton cerveau  veut-il te protéger précisément?

Plusieurs raisons peuvent être à l’origine de ta peur. Je t’invite ici à essayer de préciser la peur qui t’empêche d’avancer. Est-ce vraiment la peur de faire un choix ? Ou bien la peur de quitter le connu pour l’inconnu ? La peur de ne pas avoir ce qu’il faut pour réaliser ton rêve ?  La peur d’échouer ou de décevoir quelqu’un? Ou bien la peur de la solitude ?

L’énoncer et la pointer du doigt est un premier pas pour diminuer ta peur ! Car la peur prend d’autant plus de place qu’elle n’est pas exprimée. Elle aime se nourrir de notre imagination prolifique ! Concrètement je t’invite à parler de cette peur à une personne de confiance qui pourra t’écouter et accueillir tes craintes.

3.Et si on mettait la peur en « salle d’attente »  ?

En séance de coaching, il m’arrive de proposer à mon jeune client de laisser cette peur qu’il avait réussi à nommer dans la salle d’attente. Et toi, pourrais-tu en faire de même?

Juste le temps dont tu as besoin pour explorer avec curiosité les métiers, les domaines, les filières d’études et accueillir les expériences de ton entourage sans que tes craintes viennent « paralyser tes neurones » ou « brouiller les lignes » ! Le temps également que tu dessines le contour de ta base. Avec tes qualités, tes passions, tes besoins, tes expériences, tes réussites et aussi tes alliés, tes personnes ressources.

Il ne s’agit pas de mettre un couvercle sur cette peur et de l’ignorer en faisant comme si elle n’était pas là. Parce qu’elle resurgirait à un moment ou à un autre sans crier gare. Je te propose de la nommer, la reconnaître, et la pousser un peu de côté. Suffisamment pour pouvoir te glisser hors d’elle et faire ce travail d’exploration. Si c’est toujours nécessaire, on pourra aller « rendre visite » à cette peur. Mais pas maintenant, pas tout de suite.

4. Quelles sont les actions à ta portée?

  « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas mais parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »  (Sénèque) Je t’invite ici à regarder les petites actions qui peuvent t’aider à explorer les différentes options que tu as. Quelles sont les personnes que tu pourrais rencontrer qui peuvent t’informer sur des métiers qui t’intéressent? Des anciens élèves ? Des portes ouvertes d’universités ou d’écoles qui t’attirent? Explorer est une première étape de la mise en action et dans l’orientation elle est essentielle. 

5. Et faisons retomber la pression !

Aujourd’hui tu as besoin de faire un choix d’orientation. Je sais combien cette étape est importante pour toi et pour ton avenir. Alors que  des études montrent que tu vas exercer entre 10 et 15 jobs différents dans ta vie,  le choix d’aujourd’hui en est donc un seulement pour maintenant. Et tu vas faire ce choix avec ce que tu sais de toi, ce que tu connais du monde et sans compter les métiers qu’on ne connaît pas encore aujourd’hui ! Dans ce monde qui bouge à tout allure, tu vas adapter ton choix et le faire évoluer au fur et à mesure de tes années d’études, tes stages, tes options, tes filières, tes expériences et tes rencontres.

Une jeune cliente m’a offert une métaphore entre 2 séances qu’elle m’autorise à te partager. L’orientation c’est un peu comme une échelle très haute à grimper. Quand je suis au bas de cette échelle, je regarde tous les barreaux, l’état de l’échelle, la peinture, et surtout la hauteur…et je n’ai pas du tout envie d’y aller. Puis je me lance, un barreau après un autre. C’est plus facile que je l’imaginais, plus stable. Même exaltant parfois. Et puis de temps en temps cela m’arrive de regarder en bas. Et je me souviens que j’avais peur, alors je me re-focalise sur mon barreau et sur ce que je veux atteindre. Dans l’action de grimper je dépasse ma peur, et je me vois capable de dépasser tout cela. Victorieusement !

En acceptant ta peur, en la nommant, en la délimitant et en te mettant en action, il y a de grandes chances pour que cette peur soit devenue du « trac » ou ait même disparue. Et si elle résiste, tu peux me contacter, je reste à ta disposition pour t’accompagner si tu le souhaites ! 

2018-11-15T02:04:43+00:00